La prescription d’antidépresseurs s’est développée considérablement ces dernières décennies dans les pays industrialisés. Cette augmentation de la consommation a été accompagnée d’une chute des taux de suicide, menant quelques chercheurs à voir là un lien de causalité. Cependant, d’autres scientifiques ont commencé à soupçonner au contraire ces molécules de favoriser le comportement suicidaire. Le Comité de Sécurité des Médicaments du Royaume-Uni a récemment édité des recommandations basées sur des essais cliniques pédiatriques prouvant la contra-indication des inhibiteurs spécifiques de la recapture de la sérotonine (ISRS) pour les patients de moins de 18 ans. Alors sont-ils sûrs ou pas ? Un article publié dans le dernier numéro du British Medical Journal essaye de faire le point.
On s’en doutait un peu mais maintenant c’est scientifiquement confirmé : un article des plus sérieux publié dans l’édition du 1er juillet du New England Journal of Medicine rapporte les résultats d’une étude du service médical de l’armée américaine. Dirigée par le Dr Charles Hoge, cette étude a été justifiée car « les opérations actuelles de combat en Irak et en Afghanistan ont impliqué du personnel militaire américain dans des combats terrestres intenses et dans une mission de sécurité dangereuse ». Pour cette raison « des études sont nécessaires pour évaluer systématiquement la santé mentale des forces qui ont participé à ces opérations, et pour fournir des informations au pouvoir politique concernant la dispensation optimale de soins […] ».
Malgré la publication des résultats de plusieurs études cliniques randomisées montrant l’efficacité des inhibiteurs de la cholinestérase dans le traitement de la maladie d’Alzheimer ; malgré l’approbation par les autorités régulatoires à travers le monde et sa large commercialisation, l’intérêt de cette classe de médicaments reste néanmoins controversé. Pour preuve, cette étude britannique parue dans la dernière livraison du Lancet qui remet en cause les résultats optimistes des essais cliniques précédents, au demeurant largement parrainés par l’industrie pharmaceutique.